Conflexions : réflexions partagées

From montpellia
Jump to navigation Jump to search

Nous observons une longue progression historique de la "disputatio". Reprenons ici l'apport introductif tiers de l'institut Ethique-Politique pour engager cette considération.

La disputatio est une méthode ancienne qui présente de nombreux avantages. Parmi les missions de l’Institut Ethique et Politique, il en est une qui est de cultiver le doute face aux certitudes et de valoriser la liberté de chacun à penser différemment, sans qu’aucun point de vue ne soit présenté comme définitif. Il est vrai que grande est la tentation de rechercher le consensus par le ralliement à une position majoritaire pour mettre un terme à la discorde. De premier abord, cela nous semble le prix à payer pour garantir l’unité. Pourtant, il serait dommage de faire taire ou d’étouffer l’expression d’opinions peut-être plus réconciliables qu’il n’y parait.

Note : C'est c'est le rôle de la "dialogique" telle qu'introduite par Edgar Morin ?



disputatio - Construire un raisonnement cohérent

"Le terme « dispute » a acquis dans sa version moderne le sens d’altercation. Cependant, celle-ci n’est pas la signification du terme latin. Au Moyen-Âge, la disputatio consistait en un débat au cours duquel deux étudiants (un opponens et un respondens) recherchaient des arguments et contre-arguments en réponse à une question posée par leur maître. Il était attendu d’eux qu’ils construisent un raisonnement cohérent, en phase ou non avec leur opinion personnelle, et qu’ils écoutent et reconnaissent la pensée de l’autre malgré les différences."

La disputatio : une technique qui a fait ses preuves

"La disputatio est un exercice qui nous paraît bon pour notre temps. Cette technique consiste à organiser l’échange de vues. Non pour trouver qui a raison et qui a tort, mais pour montrer la diversité des idées et des analyses, des convictions et des préférences, tout autant que des répulsions et des rejets. Les « disputatio » de l’Institut Ethique et Politique sont des espaces pour réfléchir, analyser, déployer ou contredire des idées. Il s’agit de formuler des questions et de chercher différentes manières d’y répondre, voire d’ouvrir des pistes qui sont de nouvelles questions. L’objectif n’est pas de trouver la vérité, mais de rechercher le bien commun grâce à la bonne volonté des participants."

La disputatio est un service rendu à la démocratie

"S’il est essentiel de pouvoir dire à son interlocuteur que l’on n’est pas d’accord avec son opinion, il l’est tout autant de considérer que de telles divergences ne sont pas une anomalie dans les relations humaines, mais une incroyable opportunité pour elles. Toute vision unilatérale du monde dans lequel nous vivons enferme l’esprit humain dans une totalité conceptuelle qui mène au totalitarisme. En effet, c’est de la multiplicité des points de vue que naît l’enrichissement des connaissances, la réflexion et le développement de la pensée humaine. Pour s’en convaincre, ce texte propose au lecteur un petit état des lieux de ce que recouvre le débat contradictoire, pour ensuite tenter d’identifier les bienfaits de son usage tant pour les décideurs politiques que pour les citoyens qu’ils cherchent à convaincre."

Pour Platon, mieux vaut convaincre que persuader

"Dans la plupart de ses ouvrages, Jürgen Habermas rapproche l’éthique de la discussion du bon fonctionnement de la démocratie. Avec cette démarche, il prolonge les principales réflexions critiques développées par Platon contre le jeu trouble de la rhétorique dans la démocratie athénienne. Le monologue cherche à persuader plus qu’à convaincre. Rappelons que Socrate refusait d’écrire tout livre, puisqu’un livre n’est qu’un monologue écrit et nous ne connaissons de lui que les dialogues dans lesquels Platon le met en scène. L’acte de persuader constitue un véritable danger pour la démocratie. Il est, pour Platon, constitutif de la rhétorique : il faut flatter le peuple, lui être agréable, le séduire, et lui donner du plaisir dans la considération que l’on feint de lui accorder alors même que, en fait, on le considère comme un réceptacle passif."

« Convaincre » sonne comme une victoire commune

"La philosophie privilégie le convaincre dans la mesure où l’autre y est considéré comme un acteur rationnel, capable de contredire, d’argumenter. L’idée même de « con-vaincre » évoque une victoire commune, tandis que l’idée de persuader suggère une influence qui traverse l’individu (per), le retourne complètement en privilégiant davantage la manipulation, les sensations ou les sentiments par rapport à la raison, au risque d’induire une volatilité ou une instabilité de l’opinion, au contraire du convaincre."

Convergence vers la conflexion

Cette idée de victoire commune va se trouver reconsidérée lorsque le débat n'est plus entre opposants, mais entre approches opposée comme dans le réflexion, mais une réflexion non-plus interne au "je", ou, comme dans la disputatio, interne à la communauté "je-tu", mais à la multitude du "nous". Nous atteignons alors le niveau de la "conflexion" :

  • con-flexion, c'est à dire de la réflexion ensemble,
  • mais aussi de la confl-exion du règlement des conflits par leur dépassement.

Et c'est là le rôle premier de l'intelligence artificielle : que d'adjuver ce dépassement des contradictions à travers sa participation au débat.



Le projet ouvert MontpeLLia est introduit par NSE.ai à l'occasion du Cluster "IA-MED de l'Université et de la Mairie de Montpellier pour le compte de l'association MontpeLLia pour y rendre présentes les préoccupations des recherches citoyennes, des logiques libres et de la société civile. Il est abordé comme relevant d'un nouveau niveau technologique en continuité avec ceux de l'informatique, de l'internet et du web, selon leur "manière" générale collective de recherches et standardisation. Il s’appuie donc sur une approche "Sujet, Débats, Documentation, Projets", fondée sur le consensus général ("rough consensus") et orientée par le "Paradigme de standardisation moderne" de la RFC 6852, devant être approfondie à l'immatériel culturel et à une centralité humaine de l'internet.