Logiques Libres

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L'introduction de l'intelligence artificielle dans les technologies informatiques a un double impact :

  • sur la conception des logiciels qui sont capables de la supporter ;
  • sur la conception des intelliciels capables de les "faire informatiquement tourner", à partir de différents types de logiques.

Ceci implique une différentiation entre la communauté établie des logiciels libres et celle en émergence des intelliciels libres, partageant l'esprit d'une communauté du "Libre" mais pas celle de la technologie logique, des conceptions informationnelles et diktyologiques, et des architectures sous-jacentes. Il est probable que ceci impliquera une extension intellitielle de la licence logicielle qui sera - entre autres - à discuter.

Logiciels Libres

La communauté des "logiciels libres" fait référence à un mouvement et à une culture centrée sur la promotion, le développement et l'utilisation de logiciels qui sont libres de toute restriction propriétaire. En d'autres termes, cela signifie que les utilisateurs ont la liberté d'utiliser, d'étudier, de modifier et de redistribuer ces logiciels. Cette culture la rend particulièrement capable de concevoir et supporter leur extension naturelle qui est celle de la "libre logique", c'est-à-dire de la liberté des liens qui caractérise l'intelligence.

Un logiciel est considéré comme libre s'il respecte les quatre libertés fondamentales définies par la Free Software Foundation (FSF) :

  1. La liberté d'exécuter le programme comme vous le souhaitez, pour n'importe quel usage.
  2. La liberté d'étudier le fonctionnement du programme et de l'adapter à vos besoins, ce qui requiert d'avoir accès au code source.
  3. La liberté de redistribuer des copies, donc d'aider votre voisin.
  4. La liberté de distribuer aux autres des copies de vos versions modifiées.

Dans le contexte français, la communauté des logiciels libres a joué un rôle crucial dans la promotion de la culture du libre à travers le pays et a largement contribué à l'essor de nombreux projets emblématiques. Des événements comme les Rencontres Mondiales du Logiciel Libre (RMLL) ou des associations comme l'April ont activement promu le logiciel libre en France.

Il est important de noter que le terme "logiciel libre" est parfois confondu avec "logiciel open source", bien que leurs philosophies et leurs approches puissent différer. Le mouvement du logiciel libre se concentre davantage sur les libertés des utilisateurs, tandis que l'open source met l'accent sur la méthodologie de développement.

Enfin, sont considérés comme logiciels libres l'ensemble des algorithmes, systèmes et réseaux logiques libres selon les quatre libertés listées ci-dessus.

Intellitique artificielle

L'IA, en particulier les modèles d'apprentissage profond et autres techniques d'apprentissage automatique, introduit des nuances importantes dans le débat sur le logiciel libre et open source et l'ouvre à un contexte totalement nouveau qui est celui de la "liberté de logique propre" au sein de l'"intellitique glocale (générale au Droit, et locale à la personne).

Système vs. Diktème d'exploitation
la différence première au niveau des logiciels/intelliciels semble être la différence d'élément de base :
  • système d'exploitation (en général Linux) pour un logiciel,
  • distributique (diktyologie - diktyo = réseau en grec) d'exploitation pour un intellitiel. Notion de "neb" (nébularité personnelle).
Logiciel vs Modèle
Un logiciel peut être libre ou open source, permettant à quiconque d'examiner, de modifier ou de redistribuer son code source. Cependant, un modèle d'IA, bien qu'il puisse être entraîné avec un logiciel libre, peut être considéré comme propriétaire en fonction de la licence sous laquelle il est distribué, de la manière dont il a été entraîné, ou des données sur lesquelles il a été formé.
Données et Confidentialité
Les modèles d'IA sont souvent formés sur d'énormes ensembles de données qui peuvent être propriétaires ou soumis à des restrictions de confidentialité. Même si le code utilisé pour entraîner le modèle est ouvert, les données originales ne le sont peut-être pas. De plus, rendre un modèle public peut parfois (dans certains scénarios) permettre la reconstruction d'informations sur les données d'entraînement, ce qui pose des problèmes de confidentialité.
Modèles Pré-entraînés
Il est courant dans la communauté de l'IA de partager des modèles pré-entraînés qui peuvent ensuite être affinés ou adaptés à des tâches spécifiques. Ces modèles pré-entraînés peuvent avoir des licences variées, allant du complètement ouvert au complètement propriétaire.
Implications Éthiques
L'utilisation de modèles propriétaires dans des applications critiques, où la compréhension du fonctionnement interne du modèle est essentielle (par exemple, la médecine ou les véhicules autonomes), peut soulever des préoccupations éthiques. Si un modèle est une boîte noire et que son fonctionnement ne peut être analysé, cela peut avoir des implications sérieuses en termes de responsabilité et de transparence.
Implications Culturelles
La pratique du contexte Machine-Homme (et donc réseaux - communauté humaine) est totalement nouveau et amène à des ouvertures culturelles nouvelles et profondes. L'un des propos de MontpeLLia est de les explorer et de les rechercher en commun, à partir de la même approche commune de l'autonomie et de la recherche citoyenne.
Modélisation juridique
La considération de l'autopoïèse sociétale réclame d'en préserver les libres liaisons par le droit et l'éthique entre développeurs (libres ou employés). Ceci réclame un cadre juridique qui nécessairement prendra en compte les composants matériels (base traditionnelle du droit) mais aussi immatériel, prenant en compte la considération maintenant légale de leur interdépendance et de toutes ses implications individuelles, collectives et culturelles.

Conclusion

En résumé, alors que la distinction entre logiciel libre/open source et logiciel propriétaire est relativement claire dans le domaine des logiciels traditionnels, elle devient bien plus complexe dans le domaine de l'IA en raison :

  • de la nature des modèles d'apprentissage automatique et des données sur lesquelles ils sont formés, et plus généralement de l'intrication machine/homme qui se dessine dans laquelle la liberté humaine et de pensée doit être protégée par le Droit et la technologie dans le cadre d'une éthitechnique librement endossée par ses développeurs.
C'est un sujet de débat actif dans la communauté de l'IA et le point de départ de la considération technosophique qui porte en fait sur la profondeur des Libertés des choses (requise pour fonctionner) et de chacun (droit constitutif de la personne).
  • de l'absence d'existence de communauté de "intellitiels libres" qui ait encore établi un rationnel communautaire par rapport aux domaines adjacents de ce qu'il faut considérer comme l'"intelliware" : hardware, brainware, software, netware et probablement mnemware, deepware et infoware qui sont à approfondir comme composants d'une information dont la normalisation de la gouvernance commence à peine (ISO 24143[2022]).

La part des Logiciels Libres dans l'assistance intellectuelle à l'interfaçage de la complexité devrait être clé dans la mesure où il s'agit d'un travail auquel chaque intéressé autonome devra y contribuer pour lui-même et qu'il en résultera, sans doute, un nouveau mode de programmation des outils et de la gestion des interfaces de création et de lecture de la connaissance, et d'un nouveau droit des modèles en tant qu'"œuvres de l'esprit".



Le projet ouvert MontpeLLia est introduit par NSE.ai à l'occasion du Cluster "IA-MED de l'Université et de la Mairie de Montpellier pour le compte de l'association MontpeLLia pour y rendre présentes les préoccupations des recherches citoyennes, des logiques libres et de la société civile. Il est abordé comme relevant d'un nouveau niveau technologique en continuité avec ceux de l'informatique, de l'internet et du web, selon leur "manière" générale collective de recherches et standardisation. Il s’appuie donc sur une approche "Sujet, Débats, Documentation, Projets", fondée sur le consensus général ("rough consensus") et orientée par le "Paradigme de standardisation moderne" de la RFC 6852, devant être approfondie à l'immatériel culturel et à une centralité humaine de l'internet.