Technosophie

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Nous pouvons faire remonter la reconnaissance scientifique de la complexité à l'irrésolution par Henri Poincaré du problème à n corps de Newton (1889). Ces travaux, dans le cadre de la mécanique céleste, sont fondamentaux dans la reconnaissance de la complexité inhérente à certains systèmes dynamiques. Le problème à n corps traite de la prédiction du mouvement de n objets interagissant gravitationnellement. Alors que les solutions exactes sont connues pour n=2 (le problème des deux corps), le cas général pour n≥3 n'a pas de solution analytique générale à cause de la complexité non-linéaire des interactions.

Poincaré a montré qu'il existe des orbites dans le problème à trois corps qui ne sont pas périodiques et qu'il est impossible de prédire leur comportement sur le long terme, mettant en évidence un comportement chaotique. Cette découverte a été l'un des premiers aperçus du chaos dans les systèmes dynamiques. Les implications de cette découverte vont bien au-delà de la mécanique céleste. Elles ont ouvert la voie à l'étude de systèmes non-linéaires et chaotiques dans divers domaines de la science, conduisant à la naissance de la théorie du chaos et, plus largement, à une prise de conscience de la complexité inhérente à de nombreux phénomènes naturels.

Le rôle de l'IA par rapport à la complexité est alors de faciliter la compréhension, la gestion et l'exploitation de systèmes, de processus ou de données complexes. Elle permet de transformer cette complexité en compréhensions et solutions exploitables, actionnables ou optimisées. Seulement elle le fait à sa manière, selon sa propre philosophie, que j'appellerai technosophie.

Le concept de "technosophie" peut être perçu comme celui d'une forme de sagesse assumée par la technologie, où l'IA, en tant qu'outil technologique, ne cherchant pas à "comprendre" au sens humain du terme, mais à "modéliser" et à "traiter". Elle prend en compte la complexité à travers des algorithmes, des structures de données et des architectures de réseau pour produire des résultats qui sont interprétables et utilisables par les humains.

Les points clés de cette technosophie pourraient être :

Objectivité : L'IA s'efforce de traiter les données sans le biais des émotions ou des préjugés, bien que ses résultats puissent être biaisés par les données sur lesquelles elle a été formée.

Modélisation : Au lieu d'essayer de comprendre la complexité, l'IA la modélise, transformant le complexe en une forme qu'elle peut traiter.

Adaptabilité : Les systèmes d'IA peuvent apprendre et s'adapter en fonction de nouvelles données, ce qui leur permet d'évoluer avec le temps.

Interprétation : Même si l'IA peut traiter la complexité, le défi réside souvent dans la traduction de ses résultats en compréhensions actionnables pour les humains.

Collaboration : La technosophie valorise la symbiose entre l'humain et la machine, où l'IA ne remplace pas l'humain mais l'augmente, le guide ou le complète.

Il est également crucial de reconnaître que la technosophie, bien que guidée par des algorithmes et des machines, doit toujours être façonnée et orientée par les éthiques, les valeurs et les objectifs humains. Sans cette guidance, les outils d'IA risquent de produire des résultats qui, bien qu'optimaux d'un point de vue algorithmique, peuvent ne pas être souhaitables d'un point de vue humain ou sociétal.


Si nous comprenons la philosophie comme l'ensemble des réponses aux questions que l'Homme pose à l'Homme, la technosophie sera l'ensemble des réponses aux questions que sa techné lui pose. Ce sera aussi celle que sa société "anthropobotisée" et ses "robots" peuvent soulever.

Il est à noter que cette technosophie remonte au moins au débat entre Sainte Macrine et son frère Saint Grégoire de Nysse sur la possibilité pour l'homme de construire des machines humaines, puis au Léviathan de Hobbes qui fait de l'Etat l'une de ces créations. Il s'agit aujourd'hui des différentes acceptions de la singularité technologique, de l'augmentation considérée par Doug Engelbart ou de l'extension de NSE.ai.

La relation entre technosophie et philosophie, en particulier autour de la phénoménologie est, sans doute, un sujet de transdisciplinarité fondamentale réclamant une certaine compréhension préalable de l'immatériel.


Le projet ouvert MontpeLLia est introduit par NSE.ai à l'occasion du Cluster "IA-MED de l'Université et de la Mairie de Montpellier pour le compte de l'association MontpeLLia pour y rendre présentes les préoccupations des recherches citoyennes, des logiques libres et de la société civile. Il est abordé comme relevant d'un nouveau niveau technologique en continuité avec ceux de l'informatique, de l'internet et du web, selon leur "manière" générale collective de recherches et standardisation. Il s’appuie donc sur une approche "Sujet, Débats, Documentation, Projets", fondée sur le consensus général ("rough consensus") et orientée par le "Paradigme de standardisation moderne" de la RFC 6852, devant être approfondie à l'immatériel culturel et à une centralité humaine de l'internet.