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== L'acte de gouvernance de Michaël Delafosse sur l'IA : une première dans l'éthno-évolution numérique ==
== La primaire de gouvernance de l'IA de Michaël Delafosse ==


=== Contexte : une mutation anthropologique ===
=== Contexte : une mutation anthropologique ===
L'émergence de l'intelligence artificielle générative (ChatGPT, 2022) ne constitue pas une simple innovation technique, mais une '''mutation anthropologique''' affectant le rapport à la décision, à la connaissance, à l'autorité et à la vérité. Cette "éthno-évolution" numérique se déploie initialement dans un vide institutionnel, avant que les cadres légaux (comme l'AI Act européen, finalisé fin 2023) ne puissent l'encadrer.
L'émergence de l'intelligence artificielle générative (ChatGPT, 2022) ne constitue pas une simple innovation technique, mais une '''mutation anthropologique''' affectant le rapport à la décision, à la connaissance, à l'autorité et à la vérité. Cette "éthno-évolution" numérique se déploie initialement dans un '''vide institutionnel''', avant que les cadres légaux (comme l'AI Act européen, finalisé fin 2023) ne puissent l'encadrer.


=== La singularité de l'acte de Michaël Delafosse ===
=== La singularité de l'acte de Michaël Delafosse ===
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=== Un acte de "véritable gouvernance" ===
=== Un acte de "véritable gouvernance" ===
Contrairement aux approches réactives (légiférer après les faits), technocratiques (s'en remettre aux experts) ou abstentionnistes (laisser faire le marché), l'acte de Delafosse revêt une portée '''instituante''' :
Contrairement aux approches réactives (légiférer après les faits), technocratiques (s'en remettre aux experts) ou abstentionnistes (laisser faire le marché), l'acte de '''Delafosse''' revêt une portée '''[https://www.banquedesterritoires.fr/une-convention-citoyenne-incite-montpellier-se-doter-dune-ia-utile-et-sous-controle instituante]''' :


* Il transfère une part de l'autorité décisionnelle à des citoyens tirés au sort, sur un objet technique par essence.
* Il transfère une part de l'autorité décisionnelle à des citoyens tirés au sort, sur un objet technique par essence.
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=== Portée historique et anthropologique ===
=== Portée historique et anthropologique ===
Dans une lecture anthropologique, cette initiative s'apparente à un '''acte fondateur''' : elle inaugure une nouvelle forme de réponse collective à la mutation numérique, en faisant le pari que c'est par l'institution d'un espace de délibération citoyenne — et non par la seule régulation technique — que la société peut reprendre la main sur son éthno-évolution.
Dans une lecture anthropologique, cette initiative s'apparente à un '''[https://www.unccas.org/intelligence-artificielle-le-prix-france-urbaine-pour-la-convention-citoyenne-locale-de-montpellier acte fondateur]''' : elle inaugure une nouvelle forme de réponse collective à la mutation numérique, en faisant le pari que c'est par l'institution d'un espace de délibération citoyenne — et non par la seule régulation technique — que la société peut reprendre la main sur son éthno-évolution.


Ainsi, la métropole de Montpellier n'a pas seulement été pionnière dans l'organisation d'une convention citoyenne sur l'IA. Elle a, par cet acte, '''élevé la question de l'IA au rang d'objet de gouvernance constituante''', anticipant et inspirant un mouvement international de démocratisation de la régulation algorithmique.
Ainsi, la métropole de Montpellier n'a pas seulement été pionnière dans l'organisation d'une convention citoyenne sur l'IA. Elle a, par cet acte,  
# '''élevé la question de l'IA au rang d'objet de gouvernance constituante''', anticipant et inspirant un mouvement international de démocratisation de la régulation algorithmique.
# '''approfondi la nature même de L'IA''' en tant qu'application technologique à des cosmologies (cohérences de données ordonnées) constituées en fonction de leur sphère d'application (refus des [[curations informatives]] orientées préalables au traitement IA).


=== Voir aussi ===
==Et maintenant ?==
* [[Convention citoyenne]]
 
* [[Gouvernance des algorithmes]]
=== Après la convention : les défis de la gouvernance partagée de l’IA à Montpellier ===
* [[Intelligence artificielle dans les collectivités territoriales]]
 
* [[Michaël Delafosse]]
Réélu à la tête de la métropole, Michaël Delafosse se trouve désormais à un tournant : transformer l’expérience pionnière de la convention citoyenne (2023-2024) en une '''gouvernance durable et partagée''' de l’intelligence artificielle. L’enjeu est de faire coopérer durablement les quatre piliers identifiés par les académies des sciences du G7 : la recherche universitaire, la recherche institutionnelle, la recherche industrielle et la recherche citoyenne.
* [[Montpellier Méditerranée Métropole]]
 
=== 1. Institutionnel : de la convention à la doctrine ===
 
La phase d’expérimentation citoyenne a rendu ses recommandations en mars 2024. L’élu '''Manu Reynaud''' a confirmé que la collectivité est désormais entrée dans la « traduction opérationnelle » de ces préconisations pour élaborer sa future '''stratégie IA et Data'''. Pour ce nouveau mandat, les chantiers concrets sont :
*   '''Définir une doctrine''' : quels principes (transparence, contrôle, confiance, maîtrise) guident l’achat ou le développement d’outils d’IA par la métropole ?
*  '''Instituer une comitologie''' : quelle instance (mixte élus, experts, citoyens) assurera le suivi dans la durée, alors que les conventionnés eux-mêmes alertaient sur le caractère « éphémère » de leur exercice face à une technologie qui évolue vite  ?
 
=== 2. Universitaire et Recherche Ouverte Citoyenne (ROC) : l’émergence d’une "AgorIA" ===
L’université et les laboratoires montpelliérains ne sont pas de simples partenaires, mais des acteurs clés de la conception même de la démocratie participative. Le '''projet Aren''' (LIRMM / Université de Montpellier) développe depuis 2016 une plateforme de débat numérique fondée sur le traitement automatique du langage, destinée à renouveler l’agora citoyenne. Ce dispositif, qui arrive à maturité en 2025, pourrait être l’outil technique de la prochaine phase.
 
Par ailleurs, l’initiative '''MontpeLLIA''' structure avocate de la "Recherche Ouverte Citoyenne" (ROC) comme un véritable quatrième pilier. Il ne s’agit plus seulement de consulter, mais de '''co-construire''' le référentiel commun d’une « IA agglomérale ». Cette dynamique s’incarne dans des projets concrets :
*   '''L’Idéoscope de l’IA''' : un outil pour visualiser et augmenter les idées, permettant de distinguer les développeurs des utilisateurs-citoyens.
*   '''La normalisation participative''' : impliquer la société civile dans les processus de normalisation ISO (comme l’ISO 24143 sur la gouvernance de l’information), dont l’AFNOR est le conveneur [citation:3].
*  '''Comprendre ce qu'est l'Intellition'''
 
=== 3. Industriel et Logiciel Libre : le défi de la souveraineté ===
Le discours politique local (refus de la reconnaissance faciale, interdiction de ChatGPT en interne) a posé un principe de précaution. Pour le second mandat, le défi est de bâtir une offre alternative. Les dynamiques industrielles et associatives locales convergent vers l’'''IA open source'''.
*  '''observatoire de l’IA open source''' : lancé en septembre 2025 par le Groupia de Montpel’Libre, cet espace de rencontre vise à construire des systèmes d’IA qui « profitent au plus grand nombre ».
*   '''Le Campus des Logiciels Libres''' : demandé par MontpeLLIA, il ambitionne de devenir un carrefour collaboratif entre chercheurs autonomes, administrations, start-ups et grandes entreprises autour de l’"adjuvance intellectuelle ouverte".
 
=== 4. Synthèse : vers un "Civilium" numérique ===
La réflexion portée par la communauté montpelliéraine dépasse la simple gestion d’un outil technique. Elle revisite la notion d’espace public à l’ère numérique. Le concept d’'''AgorIA''' émerge comme un nouveau modèle urbain, réarticulant le temps libre d’intérêt commun (''Otium'') et la co-construction sociale (''Civilium'') .
 
Pour Michaël Delafosse et son équipe, le mandat "'''[[agglocal]]'''" (''ville, métropole, civiliun'') qui s’ouvre ne consiste donc pas à appliquer mécaniquement les 40 recommandations de 2024, mais à '''incarner un rôle d’animateur d’écosystème'''. Il s’agit de faire coexister et de financer une quadruple alliance :
:1.  '''Politique''' : celle qui arbitre et garantit la doctrine éthique.
:2.  '''Universitaire''' : celle qui apporte la scientificité (LIRMM, ISDM) et les outils de débat (Aren).
:3.  '''Industrielle''' : celle qui développe les logiciels libres et l’IA de confiance (via Numalis, Montpel’Libre, etc.).
:4.  '''Citoyenne''' : celle qui, via la ROC et des plateformes comme MontpeLLIA, assure la légitimité démocratique et la standardisation par l’usage réel.
 
L’ambition, comme le rappelle le projet MontpeLLIA, est de faire de Montpellier un laboratoire vivant, où l’on''' ne subit pas''' l’éthno-évolution numérique, '''mais''' où l’on en '''écrit collectivement les règles'''.

Latest revision as of 10:26, 3 April 2026

La primaire de gouvernance de l'IA de Michaël Delafosse

Contexte : une mutation anthropologique

L'émergence de l'intelligence artificielle générative (ChatGPT, 2022) ne constitue pas une simple innovation technique, mais une mutation anthropologique affectant le rapport à la décision, à la connaissance, à l'autorité et à la vérité. Cette "éthno-évolution" numérique se déploie initialement dans un vide institutionnel, avant que les cadres légaux (comme l'AI Act européen, finalisé fin 2023) ne puissent l'encadrer.

La singularité de l'acte de Michaël Delafosse

Dès le début de l'année 2023, Michaël Delafosse, maire de Montpellier et président de sa métropole, prend une série de décisions qui constituent un acte instituant dans la gouvernance de l'IA :

  1. Anticipation politique : en octobre 2022 (opposition à la reconnaissance faciale), puis début 2023 (interdiction de ChatGPT dans les services), il agit avant que le sujet ne devienne un débat public majeur.
  2. Institution d'un pouvoir citoyen : il ne se contente ni d'une consultation, ni d'un conseil d'experts. Il décide la création d'une convention citoyenne (tirage au sort de 40 citoyens, modèle inspiré de la Convention pour le climat).
  3. Principe de précaution politique : l'"interdiction" de ChatGPT en interne est un geste politique fort, posé sans attendre une évaluation exhaustive des risques.
  4. Création d'un précédent reproductible : la démarche est pensée comme un modèle transférable, visant à instituer une norme.

Chronologie de l'initiative

  • Avril 2023 : réunion d'experts et lancement d'une mission préparatoire.
  • 26 mai 2023 : annonce officielle de la convention citoyenne.
  • Automne 2023 : tirage au sort et premières réunions des 40 citoyens.
  • Mars 2024 : remise des recommandations.

Un acte de "véritable gouvernance"

Contrairement aux approches réactives (légiférer après les faits), technocratiques (s'en remettre aux experts) ou abstentionnistes (laisser faire le marché), l'acte de Delafosse revêt une portée instituante :

  • Il transfère une part de l'autorité décisionnelle à des citoyens tirés au sort, sur un objet technique par essence.
  • Il intervient dans le vide institutionnel initial, alors qu'aucun cadre national ou international contraignant n'existe encore.
  • Il repense la gouvernance à l'ère de l'IA : en décidant comment gouverner l'IA, il transforme simultanément les conditions de l'exercice politique.

Portée historique et anthropologique

Dans une lecture anthropologique, cette initiative s'apparente à un acte fondateur : elle inaugure une nouvelle forme de réponse collective à la mutation numérique, en faisant le pari que c'est par l'institution d'un espace de délibération citoyenne — et non par la seule régulation technique — que la société peut reprendre la main sur son éthno-évolution.

Ainsi, la métropole de Montpellier n'a pas seulement été pionnière dans l'organisation d'une convention citoyenne sur l'IA. Elle a, par cet acte,

  1. élevé la question de l'IA au rang d'objet de gouvernance constituante, anticipant et inspirant un mouvement international de démocratisation de la régulation algorithmique.
  2. approfondi la nature même de L'IA en tant qu'application technologique à des cosmologies (cohérences de données ordonnées) constituées en fonction de leur sphère d'application (refus des curations informatives orientées préalables au traitement IA).

Et maintenant ?

Après la convention : les défis de la gouvernance partagée de l’IA à Montpellier

Réélu à la tête de la métropole, Michaël Delafosse se trouve désormais à un tournant : transformer l’expérience pionnière de la convention citoyenne (2023-2024) en une gouvernance durable et partagée de l’intelligence artificielle. L’enjeu est de faire coopérer durablement les quatre piliers identifiés par les académies des sciences du G7 : la recherche universitaire, la recherche institutionnelle, la recherche industrielle et la recherche citoyenne.

1. Institutionnel : de la convention à la doctrine

La phase d’expérimentation citoyenne a rendu ses recommandations en mars 2024. L’élu Manu Reynaud a confirmé que la collectivité est désormais entrée dans la « traduction opérationnelle » de ces préconisations pour élaborer sa future stratégie IA et Data. Pour ce nouveau mandat, les chantiers concrets sont :

  • Définir une doctrine : quels principes (transparence, contrôle, confiance, maîtrise) guident l’achat ou le développement d’outils d’IA par la métropole ?
  • Instituer une comitologie : quelle instance (mixte élus, experts, citoyens) assurera le suivi dans la durée, alors que les conventionnés eux-mêmes alertaient sur le caractère « éphémère » de leur exercice face à une technologie qui évolue vite  ?

2. Universitaire et Recherche Ouverte Citoyenne (ROC) : l’émergence d’une "AgorIA"

L’université et les laboratoires montpelliérains ne sont pas de simples partenaires, mais des acteurs clés de la conception même de la démocratie participative. Le projet Aren (LIRMM / Université de Montpellier) développe depuis 2016 une plateforme de débat numérique fondée sur le traitement automatique du langage, destinée à renouveler l’agora citoyenne. Ce dispositif, qui arrive à maturité en 2025, pourrait être l’outil technique de la prochaine phase.

Par ailleurs, l’initiative MontpeLLIA structure avocate de la "Recherche Ouverte Citoyenne" (ROC) comme un véritable quatrième pilier. Il ne s’agit plus seulement de consulter, mais de co-construire le référentiel commun d’une « IA agglomérale ». Cette dynamique s’incarne dans des projets concrets :

  • L’Idéoscope de l’IA : un outil pour visualiser et augmenter les idées, permettant de distinguer les développeurs des utilisateurs-citoyens.
  • La normalisation participative : impliquer la société civile dans les processus de normalisation ISO (comme l’ISO 24143 sur la gouvernance de l’information), dont l’AFNOR est le conveneur [citation:3].
  • Comprendre ce qu'est l'Intellition

3. Industriel et Logiciel Libre : le défi de la souveraineté

Le discours politique local (refus de la reconnaissance faciale, interdiction de ChatGPT en interne) a posé un principe de précaution. Pour le second mandat, le défi est de bâtir une offre alternative. Les dynamiques industrielles et associatives locales convergent vers l’IA open source.

  • observatoire de l’IA open source : lancé en septembre 2025 par le Groupia de Montpel’Libre, cet espace de rencontre vise à construire des systèmes d’IA qui « profitent au plus grand nombre ».
  • Le Campus des Logiciels Libres : demandé par MontpeLLIA, il ambitionne de devenir un carrefour collaboratif entre chercheurs autonomes, administrations, start-ups et grandes entreprises autour de l’"adjuvance intellectuelle ouverte".

4. Synthèse : vers un "Civilium" numérique

La réflexion portée par la communauté montpelliéraine dépasse la simple gestion d’un outil technique. Elle revisite la notion d’espace public à l’ère numérique. Le concept d’AgorIA émerge comme un nouveau modèle urbain, réarticulant le temps libre d’intérêt commun (Otium) et la co-construction sociale (Civilium) .

Pour Michaël Delafosse et son équipe, le mandat "agglocal" (ville, métropole, civiliun) qui s’ouvre ne consiste donc pas à appliquer mécaniquement les 40 recommandations de 2024, mais à incarner un rôle d’animateur d’écosystème. Il s’agit de faire coexister et de financer une quadruple alliance :

1. Politique : celle qui arbitre et garantit la doctrine éthique.
2. Universitaire : celle qui apporte la scientificité (LIRMM, ISDM) et les outils de débat (Aren).
3. Industrielle : celle qui développe les logiciels libres et l’IA de confiance (via Numalis, Montpel’Libre, etc.).
4. Citoyenne : celle qui, via la ROC et des plateformes comme MontpeLLIA, assure la légitimité démocratique et la standardisation par l’usage réel.

L’ambition, comme le rappelle le projet MontpeLLIA, est de faire de Montpellier un laboratoire vivant, où l’on ne subit pas l’éthno-évolution numérique, mais où l’on en écrit collectivement les règles.