Information augmentée

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Points de vue de Journalistes ...


Cap sur l'IA, l'Information Augmentée !

Laurent Guimier
Head of news CMA Media, a company of CMA CGM : BFM | RMC | La Tribune | La Provence | Corse Matin

September 10, 2024

Il y a des moments où les idées cristallisent et les projets s'alignent. C'est affaire d'humeur et, plus certainement, de rencontres.

Trois rendez-vous coup sur coup m'ont permis d'y voir désormais très clair sur ce que l'IA et le monde de l'information vont pouvoir faire ensemble dans les 2 ans qui viennent : il y à quelques semaines, à l'invitation de Rodolphe SAADE, j'ai participé à une rencontre avec les équipes de Pasqal et de Kyutai à TANGRAM Center. A Londres, j'ai planché avec le Franco-British Council sur la désinformation et j'ai fait un point d'étape sur le déploiement de l'IA à La Tribune.

J'ai tiré trois convictions très fortes de ces rendez-vous :

  1. Comme avec le web au début des années 2000 et les réseaux sociaux dix ans plus tard, nous, journalistes, entrons dans un moment bref, passionnant et frénétique d'invention de nouveaux usages inconnus jusque là. Nous avons 18 mois, pas plus, pour embarquer et apprendre à voguer sur ce tsunami qui s'abat sur les médias, le troisième en deux décennies.
  2. Plus encore qu'à l'approche des deux précédentes vagues, tout va se jouer dans la capacité des rédactions des journaux, télévisions et radios à ouvrir grand leurs portes aux équipes tech et faire à celles-ci toute la place nécessaire. La qualité d'écoute mutuelle départagera vainqueurs et vaincus par l'IA.
  3. AUGMENTATION doit être le maître-mot pour le journalisme dans l'ère IA :
  • Augmentation de l'hyper-distribution des contenus existants.
  • Augmentation de la précision (principalement thématique et géographique) des futurs contenus produits par les rédactions. Ces derniers ne seront pas la reproduction des contenus actuels mais des formats journalistiques nouveaux, pertinents et à forte valeur ajoutée.
  • Augmentation des savoir-faire journalistiques. C'est le cas des techniques d'investigation, d'interview, d'animation du débat et de la mobilisation de ses propres archives, permettant notamment d'optimiser la mémoire des rédactions.

Alors vous vous dites sans doute : "tout cela, ce sont surtout de belles paroles...". Pas seulement ! Grâce aux formidables équipes de ZEBOX emmenées par Séverine Grégoire, l'information augmentée est une réalité. L'accord conclu entre CMA CGM et Google nous fait faire des pas de géant et notre assistant IA adapté aux médias transforme déjà le quotidien de nos rédactions. Bon, je ne vais pas tout vous dévoiler ici mais... à La Tribune, par exemple, nous développons depuis 9 mois une solution 100% IA permettant de produire, éditer et publier une synthèse écrite des événements IRL proposés par le journal.

Nous avons utilisé cette solution le 4 juillet dernier à Marseille, lors des premières "Rencontres internationales des médias". Regardez le résultat ici avec la synthèse d'un débat de 40 minutes entre Nicolas de TAVERNOST, Jean-Paul Philippot et Silvio Gonzalez Moreno, CEO d'ATRESMEDIA :

https://www.latribune.fr/opinions/ai-digest/rencontres-internationales-des-medias-24-digest/si-la-technologie-est-reine-le-contenu-est-roi-1001471.html

Ce contenu n'est plus une simple transcription automatique. Il n'est pas non plus un "vrai-faux article" rédigé par un robot. Cet "autre chose", c'est un résumé de qualité rédigé par une IA qui a écouté le débat après avoir été briefée par un journaliste qui a orientée celle-ci vers les sujets qu'il souhaitait lui voir aborder. Tout simplement comme un rédacteur en chef qui commande un angle à son reporter.

Bien entendu, je ne suis pas béat d'admiration. D'abord parce que l'intégration de l'IA au cœur des rédactions ne date pas d'hier : la génération automatique de textes sur les sites d'info remonte au début des années 2010. Ensuite parce que l'IA pose de très nombreuses questions déontologiques, juridiques et sociales. Mais plus tôt nous dompterons cette révolution, plus rapidement nous en serons les acteurs, et parfois bénéficiaires, comme ce fut déjà le cas au début des années 2000, lorsque certains managers, journalistes et partenaires sociaux ont défriché le nouveau continent des réseaux sociaux, qui brisaient net le monopole des journalistes en matière de publication des informations.

J'ai retiré de cette période la certitude absolue que dans les médias, depuis 20 ans, l'avenir ne sourit qu'aux pionniers. L'optimisme est fils de l'audace. L'IA "en vrai", sans tarder, au cœur de nos rédactions, nous en fournit déjà une preuve supplémentaire.

Comments

Mélanie Chaluleau

Journaliste social média au Parisien

Outre adopter l'IA (qui fait des choses formidables), dans les rédactions, il faut former les journalistes à leur utilisation. Certains pensent que ChatGPT est un moteur de recherche et l'utilisent de cette manière. Ils font évidemment fausse route et ne pourront pas en tirer le meilleur bénéfice de la sorte. Alors qu'on peut faire tellement de choses avec une IA... Mais il y a parfois chez certains de la frilosité. Comme avec tout ce qui est nouveau. Alors que ça peut être d'une aide formidable pour défricher le terrain (analyse de données, résumé de longs textes) et/ou préparer des interviews, voire chercher des sujets quand on est à court d'idées, travailler des angles originaux... Et puis après il y a aussi la rédaction. C'est l'étape suivante, mais j'en suis sûre on y arrivera et dans 10 ans le métier de deskeur n'aura rien à voir avec ce qu'il est aujourd'hui. Il n'y aura plus d'armées de deskeurs, mais seulement deux ou trois journalistes bien formés (au journalisme et à l'IA) avec un bon prompt de base qui permettra de traiter plus vite et de maniere plus efficace de la dépêche.

Philippe Verdier

Merci pour le partage, la réflexion est en effet très pertinente. C’est tout à fait ainsi que l’IA peut rapidement trouver sa juste place dans les rédactions, en aidant à améliorer la qualité des contenus. Elle permet également aux journalistes d’interagir de manière plus approfondie avec elle, les challengeant parfois, et les encourageant à sortir de leur zone de confort. Ainsi, l’IA contribue à éviter les biais cognitifs et les stéréotypes, tout en inspirant des créations plus inattendues et originales. C’est peut-être une piste à explorer.

Bertrand Marie Flourez

Restera sans doute le terrain, pas le chien écrasé au carrefour mais ce journalisme qui va chercher sur le terrain l’information, rencontrer celui ou celle dont la parole n’existe nulle part.

Car la fameuse question : où est l’info ? Où sont les "nouvelles" comme disaient nos anciens, qui, par définition ne sont pas encore dans les données des IA ? Leurs analyses pourront certes bénéficier des IA mais les faits… sauf à se détacher finalement des faits eux-mêmes ?

Sébastien Georges

Rédacteur en chef de L’Est Républicain, du Républicain Lorrain et de Vosges Matin au sein du groupe EBRA

Je partage votre analyse. Les retours d'expériences menées montrent aussi que l'acceptation des journalistes est liée à leur formation, leur accompagnement, leur implication dans le projet dès l'origine et dans la validation et l'élaboration de la qualité du résultat (contenu livré au consommateur). Des facteurs de confiance pour toute la chaîne, du producteur au consommateur

Albin Serviant

"Passionnant et frénétique d'invention de nouveaux usages inconnus jusque là" sans aucun doute; "un moment bref" ca se discute ... vu le rythme des innovations qu'on constate partout et notamment chez les VC qui financent des nouveaux applicatifs, au rythme des nouvelles versions poussées par les LLM eux-mêmes. Ce n'est qu'un début.

Bruno Masi

Papier très intéressant. Et effectivement, la question de la formation des journalistes aux outils IA se pose clairement. L'utilisation de l'IA dans le travail d'enquête, notamment via l'exploration de données hétérogènes, est un continent qui reste encore à défricher. A ce sujet, l'article ++ de Zach Seward lors du dernier SXSW : https://www.zachseward.com/ai-news-thats-fit-to-print-sxsw-2024/

Frédéric Lefret

Tout à fait, nous accompagnons les médias depuis deux années à utiliser l'IA non seulement en front office mais aussi en Back office. Surtout bien rédiger sa charte d'utilisation d l'IA dans les médias. Pour info nous avons fait un benchmark des meilleurs cas d'usage de l'IA ans les médias dans le monde.

Armand de Tinguy

Personnellement, je préfère les gens qui font par soi-même.

Laurence Pieau

Merci pour le partage. Passionnant.