La suggestion d'une idée institutionnelle pour MontpeLLIA : la coopération
L'innovation majeure ici ne serait pas dans la création d'un autre réseau ou cluster, mais dans la création d'un type de structure -le "coopérium", comme il existe le "consortium" - dont la raison d'être serait de rendre ses participants plus efficaces ensemble (cf. la demande de la Convention Citoyenne), sans chercher à les diriger.
Dénomination et Nature
Une Coopération est ici comprise comme une institution pour des services mutuels, institué sous forme d'un noyau de services associatif. Elle a pour vocation d’offrir à ses membres une plateforme de facilitation dédiée à la concrétisation de leurs intentions communes.
Principes Fondamentaux
La Coopération repose sur quatre principes constitutionnels indissociables :
- Principe de Service Mutuel : La Coopération est un bien commun institutionnel. Son actif principal est sa capacité à déservir, sans but lucratif, les intentions communes et légitimes de ses membres.
- Principe d’Émergence par Autoparticipation : Elle naît de l’initiative volontaire et conjointe de ses premier membres, qui en deviennent les premiers bénéficiaires.
- Principe de Finalité Facilitatrice : La Coopération n’a pas de projet propre. Sa raison d’être est d’identifier, de soutenir et de outiller la réalisation des projets qui émergent du consensus latent entre ses membres.
- Principe du Secrétariat : La Coopération est desservie, par son secrétaiat coopéral, en tant qu'association autonome cooptée, n'ayant de pouvoir décisionnel que sur lui-même.
Organe opérationnel : Le Secrétariat Coopéral
La Coopération est dotée d’un organe opérationnel unique : le Secrétariat Coopéral.
- Statut : Le Secrétariat Coopéral est un organe exécutif et administratif. Il agit sur la base d’un mandat de service défini par les membres et leur rend compte de son action.
- Mission : Sa mission triple est de (1) identifier et formaliser les intentions communes, (2) faciliter opérationnellement leur réalisation en mettant à disposition outils, ressources et compétences, et (3) assurer la capitalisation et la fluidité de l’information au sein de la Coopération.
- Subordination : Le Secrétariat Coopéral n’a aucun pouvoir de décision, d’orientation ou de veto sur les actions des membres ou de la Coopération dans son ensemble. Il est au service de leur co-noèse.
Champ d’Application Privilégié : Les Modèles Multi-Hélices
La Coopération constitue le véhicule institutionnel naturel pour opérationnaliser les modèles de collaboration multi-acteurs (dits « modèles en hélice »). Une « Coopération Territoire X » ou « Coopération Filière Y » permet ainsi à des acteurs des sphères académique, industrielle, publique, civile et environnementale de conserver leur autonomie tout en se dotant d’un outil commun pour transformer leurs convergences d’intérêts en projets concertés.
Distinctions Sémantiques et Institutionnelles
- Une Coopération n’est pas une Concertation : La concertation est un moyen de dialogue, souvent préalable. La Coopération est l’institution qui prend le relais pour agir, incluant et dépassant la phase de concertation.
- Une Coopération n’est pas une Coopérative : La coopérative est une entreprise dont les sociétaires partagent un projet économique commun et une gouvernance formelle. La Coopération est une plateforme de services qui peut accompagner la création de coopératives, mais dont l’objet est plus large (social, écologique, d’innovation) et la gouvernance délibérément non-directive.
Note de synthèse : Cette présentation introduit formellement un nouveau type d’institution conçu pour catalyser l’action collective à l’ère de la complexité. En plaçant le service au-dessus de la direction, et l’émergence au-dessus du "décret voté", la Coopération propose une architecture légère et robuste pour les écosystèmes qui souhaitent privilégier l’intelligence et la souveraineté distribuées de leurs membres.